Il y a ces instants suspendus où le bruit du monde s'étouffe dans la brume. Sur ce quai froid, l'odeur du fer mouillé et de la vapeur réveille de vieux souvenirs de départs imprévus. Mains dans les poches, la casquette calée contre l'air frais, je regarde les réverbères percer doucement l'obscurité. Les trains filent, emportent des silhouettes et des histoires, mais moi, je reste là. Pas pour attendre un voyage, juste pour observer la façon dont cette lueur blanche s'accroche aux volutes de fumée et découpe les ombres. Parfois, il suffit d'une gare déserte et d'un rayon de clarté dans la nuit pour retrouver l'envie de créer, simplement, à la frontière entre le noir et la lumière.


 

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